Composter : pourquoi ? Comment ?

Composter : pourquoi ? Comment ?

Rendre à la terre ce qu’elle nous a donné. Réduire les déchets et valoriser les déchets organiques. Produire son propre engrais, à la maison. Nourrir le sol et les plantes ornementales ou potagères. Composter est une véritable démarche écologique.
Les personnes qui possèdent un potager, cultivent leurs légumes sont souvent au fait de la pratique du compostage. Or, aujourd’hui, il est possible de faire son compost avec un petit jardin, une terrasse ou même un balcon.

Réduire les déchets et valoriser les déchets organiques

Lorsque nous jetons à la poubelle des déchets organiques (qui représentent, en moyenne, 30% des déchets ménagers), ils se retrouvent en décharge ou à l’incinération. Dans le premier cas, une fois placés en décharge, les déchets organiques fermentent et produisent une grande quantité de gaz à effet de serre : CO2 et méthane (le méthane à une action sur le réchauffement climatique 25 fois supérieure à celle du CO2). À l’incinération, c’est du CO2 qui est dégagé en grande quantité.

Le compostage, quant à lui, permet de transformer les déchets de cuisine en matières organiques intéressantes pour le sol. À l’heure ou le sol s’appauvrit, d’année en année, adjoindre des matières organiques pour l’amender est un vraie bonne idée !

Composter, c’est donc agir pour éviter une forte pollution et nourrir gratuitement la terre et les végétaux.

Quelles sont les différentes techniques de compostage ?

1. Le compost « classique »

Simple et efficient, lorsque l’on possède un jardin. Il suffit de déposer dans un composteur tous les déchets organiques qui peuvent être décomposés naturellement, en milieu aérobie. Les macro et micro-organismes, les champignons et les bactéries vont produire une décomposition des matières. On obtiendra, in fine, un humus très riche en minéraux et en apports nutritifs, utiles pour enrichir le sol et nourrir les végétaux.

Idéalement, un certain équilibre parmi les déchets permettra d’obtenir une décomposition facile et un humus réellement fertilisant. On veillera donc à intégrer, à peu près moitié/moitié des matières « brutes » (feuilles mortes, broyat, écorces) pour l’apport en cellulose et en carbone, et des matières « vertes » (déchets de cuisine et résidus de tonte) pour les sels minéraux et l’apport en azote. Il restera simplement à aérer régulièrement le compost en le retournant pour assurer une décomposition homogène.

Attention à atteindre une décomposition complètement mature, afin de ne pas perturber le sol avec un pH trop acide.

La limite de cette technique est qu’il n’est pas possible d’y intégrer tous les déchets organiques. Agrumes, algues, cendres de cheminée, laitages, viandes et poissons, aliments cuits et matières grasses ne peuvent pas être compostés avec cette technique.

2. Le lombricompostage

Le lombricompostage, comme son nom l’indique, fonctionne à partir du travail fourni par les vers de terre. C’est généralement à deux espèces précises que l’on confie ce travail d’importance : le « ver tigré » (Eisenia foetida) et le « ver rouge » (Eisenia endreï), qui sont les plus adaptés au travail de décomposition des déchets frais.

Cette technique est très productive. L’humus est constitué rapidement et est biodisponible pour la terre tout de suite. Globalement, le travail est réalisé 2 fois plus vite. Cette technique, malgré les on-dit, ne produit pas d’odeurs désagréables et n’attire pas les moucherons, quand elle est bien maîtrisée.

Par contre, quelques inconvénients sont à mentionner : les lombrics sont des princesses ! Ils demandent une température située entre 15 et 25 °c. Impossible donc de « lombricomposter » en hiver ou en plein été sous peine de tuer nos nouveaux copains… Ils sont, par ailleurs, complètement végétariens, ils ne décomposeront pas les déchets animaux (viande, poisson et produits laitiers).

Compost lombricompostage

3. Le compostage au « bokashi »

Cette approche nous vient du Japon et permet de composter bien plus facilement dans les petits espaces. Le terme Bokashi signifie, en japonais, « matières bio fermentées ». Les composteurs au Bokashi s’intègrent facilement dans une cuisine. D’autant plus que le compostage au Bokashi ne produit pas d’odeur et n’attire pas les insectes.
Autre point positif, cette technique permet de récupérer un « jus », qui est un fertilisant exceptionnel pour les plantes (à diluer !!!).

Le compostage au Bokashi s’appuie sur l’ajout, dans les déchets organiques, d’un son dans lequel vivent des micro-organismes dits « efficaces ». Ces derniers vont agir sur les matières en les déshydratant, d’où la production de ce fameux jus, très utile au jardin. Les déchets déshydratés deviendront rapidement un bel humus. Pour se faire, une fois le bac plein, il suffit de déplacer le contenu du bac au jardin, ou de disposer de deux bacs, afin d’en laisser reposer un le temps de remplir le second.

Par ailleurs, la présence des micro-organismes permet la production de substances bioactives : enzymes, antioxydants et la conservation de l’azote.

Inconvénients du compostage au Bokashi : il faut se fournir régulièrement en activateur (bien que l’on puisse utiliser une partie du « jus » pour réactiver le compost suivant) et il est nécessaire de disposer soit de deux bac spécifiques, soit d’un lieu extérieur où aller vider le bac.

 

En résumé, avec un peu de temps et un choix judicieux de la technique à mettre en oeuvre, vous aurez tout à gagner à valoriser vos déchets !

 

 

E. Klein

 

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